INTÉRÊT DE L’ÉCHOGRAPHIE POUR LE SUIVI DES PATIENTS GOUTTEUX

INTÉRÊT DE L’ÉCHOGRAPHIE POUR LE SUIVI DES PATIENTS GOUTTEUX

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Dans le cadre du 30e Congrès français de rhumatologie, qui s’est tenu à Paris du 10 au 12 décembre 2017, étaient présentés les résultats de l’étude
USEFUL* qui montrent l’intérêt de l’échographie dans le suivi de la goutte.
On connaissait déjà son utilité dans le diagnostic de la maladie, avec la mise en évidence de deux signes évocateurs : le tophus et le signe du double contour. Des données manquaient cependant quant à son utilité dans le suivi sous traitement. « Les objectifs de l’étude USEFUL étaient d’étudier la réduction de la taille des tophus et du double contour, ainsi que la corrélation entre la baisse de l’uricémie et les variations des signes échographiques », nous expose le Pr Frédéric Lioté, l’un des investigateurs.

Cette étude prospective multicentrique incluait 79 patients suivis pendant un an. Les candidats présentaient une goutte objectivée par identification de cristaux d’urate monosodique à la ponction articulaire, des signes échographiques de goutte (aux genoux et/ou aux articulations métatarsophalangiennes du premier orteil) et ne prenaient aucun traitement hypo-uricémiant. Leur maladie évoluait en moyenne depuis 6 ans et l’uricémie moyenne était de 530 µmol/L.
Une échographie et un dosage de l’uricémie ont été réalisés conjointement au 3e et 6e mois après introduction d’un traitement par allopurinol ou fébuxostat. Sur 55 patients vus au 6e
mois, 6 avaient une uricémie supérieure à 360 µmol/L, 16 une uricémie comprise entre 300 et 360 µmol/L et 33 inférieure à 300 µmol/L.

 

« Les résultats montrent que la réduction de la taille des images est corrélée à la variation de l’uricémie et donc à l’efficacité du traitement », rapporte le Pr Lioté. La disparition du double contour apparaissant comme un marqueur précoce d’efficacité, visible dès le 3e mois ; une diminution des tophus n’apparaissant significativement qu’au 6e mois.Par ailleurs, une réduction de 23 % de la taille du tophus (associée à une uricémie inférieure à 360 µmol/L) serait le seuil qui permettrait de définir le patient comme répondeur au traitement.« L’échographie apparaît donc comme un nouvel outil possible de suivi de la maladie qui permettra, en plus, d’apporter au patient la preuve que le traitement est efficace. »

                                                                                                                                 Dr Patricia Martel

 

* Évaluation de l’échographie ostéo-articulaire dans le suivi du traitement hypo-uricémiant chez les patients goutteux : les résultats de l’étude USEFUL. E. Ebstein (Paris), M. Forien (Paris), E. Norkuviene (Kaunas, Lituanie), P. Richette (Paris), G. Mouterde (Montpellier), C. Daien (Montpellier), H.K. Ea (Paris), C. Briere (Paris), F. Lioté (Paris), M. Petraitis (Kaunas, Lituanie), T.
Bardin (Paris), J. Ora (Paris), P. Dieudé (Paris), S. Ottaviani (Paris).